Il y a quelques jours, une discussion avec une cliente m'avait particulièrement marquée.
Nous parlions de la retraite.
Pas de finances. Pas de projets.
De cette peur, plus silencieuse, que certaines femmes osent à peine formuler.
La peur de se réveiller un matin face à une vie que l'on n'a jamais vraiment choisie.
Une vie remplie de responsabilités, de devoirs, d'attentes... mais dans laquelle on s'est peu à peu oubliée.
En l'écoutant, je me suis rappelé pourquoi j'avais créé Woman on Mission.
Il y a quelques années, une personne très chère à mon cœur m'avait confié son plus grand regret.
Ce n'était pas un échec.
Ce n'était pas un rêve inaccessible.
C'était de ne pas avoir vécu la vie qu'elle voulait.
Cette confidence ne m'a jamais quittée.
Puis j'ai découvert le témoignage de l'infirmière australienne Bronnie Ware, qui a accompagné pendant plusieurs années des personnes en fin de vie.
Le regret qu'elle a entendu plus souvent que tous les autres était celui-ci : « J'aurais aimé avoir eu le courage de vivre une vie fidèle à moi-même, et non celle que les autres attendaient de moi. »
Je me suis alors posé une question.
À quel moment commence-t-on à fabriquer ce regret ?
Certainement pas à la fin de la vie.
Il commence bien avant.
Il commence chaque fois qu'une femme se fait plus petite pour rassurer.
Chaque fois qu'elle retient une parole pour ne pas déranger.
Chaque fois qu'elle renonce à une ambition pour rester acceptable.
Chaque fois qu'elle étouffe son intuition pour continuer à appartenir.
On ne renonce jamais à sa vie d'un seul coup.
On en retire seulement quelques morceaux.
Et un jour, on regarde derrière soi avec le sentiment d'avoir vécu davantage pour répondre aux attentes que pour répondre à son propre appel.
C'est là qu'est née Woman on Mission.
Parce que je crois que chaque femme porte une mission.
Mais qu'avant toutes les autres, il en existe une.
Ne pas abandonner la femme qu'elle est venue devenir.
Voilà pourquoi j'accompagne des femmes.
Pas pour les aider à faire plus.
Pas même pour les aider à réussir davantage.
Mais pour qu'elles cessent de fabriquer, sans le savoir, les regrets de demain.
Car je crois profondément que notre plus grande réussite ne se mesure pas à ce que nous aurons accompli.
Elle se mesure à la fidélité que nous aurons gardée envers nous-mêmes.
Peut-être est-ce cela, finalement, notre première mission.